Le jeu de Madame Alfred 8
Publié le 25 Juin 2009
ou "Les aventures du Grand Oracle au chevet du monde", épisode 8
Il était une fois, au pays des mauvais rêves, un ogre mangeur d'enfants qu'on appelait l'Ogre de Barbarie. L'Ogre
de Barbarie était haut comme deux arbres et fort comme un typhon et son rire faisait trembler la
Terre. Un jour, pour se venger de tous les enfants qu'il avait dévorés, les habitants fabriquèrent
un petit enfant dans la pierre dure de la montagne, le placèrent tout emmailloté dans un berceau et l'abandonnèrent au milieu de la clairière des dix chemins. Tout heureux de sa trouvaille,
l'Ogre de Barbarie voulut croquer l'enfant et perdit, en un coup, toutes ses dents. Il cria, hurla et pleura mais rien n'y fit: ses gencives étaient lisses comme celles d'un nouveau né. Ne
pouvant se résigner à manger des purées de légumes ou des fruits écrasés, il fit appel au Grand
Oracle. Et l'invitation d'un Ogre, même édenté, c'est difficile à refuser.
Le Grand Oracle arriva donc au pays des mauvais rêves. Il écouta l'Ogre de Barbarie lui décrire sa disgrâce en une langue que son manque de dents rendait peu aisée à comprendre. Du revers de sa manche, il essuya son visage pour en ôter les postillons dont l'Ogre l'avait couvert et lui tint ces propos: " Ô mon ami, comme je te comprends. Quel plus grand malheur que de ne pouvoir dévorer des enfants? Apporte moi un trombone à coulisse, un paquet de sucre et de la purée de pois."
Quand l'Ogre revint, le Grand Oracle demanda à l'Ogre de bien vouloir tenir la bouche grande ouverte. Il lui appliqua alors la purée de pois sur les gencives et lui referma les mâchoires. Il prit ensuite le trombone à coulisse, le colla à l'oreille de l'Ogre et souffla de toutes ses forces. Puis il lui dit: "Et maintenant, très cher ami, il va falloir dormir trois jours et deux nuits."
Lorsqu'au bout de tout ce temps l'Ogre de Barbarie se réveilla, il sentit dans sa bouche des dents toutes neuves, bien aiguisées, comme il le faut pour la chaire fraîche et ferme des petits. Fou de joie, il décida d'organiser un banquet en l'honneur de son ami le Grand Oracle et convia dans sa tanière toute la fine fleur des croque-mitaines.
Il confectionna pour l'occasion un ragoût de mouton et ouvrit ses plus belles bouteilles. Lorsque tout le monde fut assemblé autour de la table, il leva son verre en souriant de ses dents toutes neuves et lança à la cantonade: "Devant un vin riche, j'assemble joyeusement mes amis. Buvez, buvez mes frères à la santé de ce divin Oracle et de mes nouvelles dents: demain je croquerai de petits enfants."
Le Grand Oracle but son vin du bout des lèvres, prit un peu de ragoût et attendit patiemment que tout le monde fût bien saoul. Quand enfin retentirent les premières chansons, il s'échappa sans un bruit par la porte de la tanière et s'en alla le plus loin qu'il put du pays des mauvais rêves.
Le lendemain matin, l'Ogre de Barbarie prit son petit déjeuner, tout engourdi encore par les effets du vin. C'est alors qu'il se rendit compte que ses dents étaient en sucre: un joli sucre fin et blanc du plus bel effet... et qui fondait dans son café.

Le Grand Oracle arriva donc au pays des mauvais rêves. Il écouta l'Ogre de Barbarie lui décrire sa disgrâce en une langue que son manque de dents rendait peu aisée à comprendre. Du revers de sa manche, il essuya son visage pour en ôter les postillons dont l'Ogre l'avait couvert et lui tint ces propos: " Ô mon ami, comme je te comprends. Quel plus grand malheur que de ne pouvoir dévorer des enfants? Apporte moi un trombone à coulisse, un paquet de sucre et de la purée de pois."
Quand l'Ogre revint, le Grand Oracle demanda à l'Ogre de bien vouloir tenir la bouche grande ouverte. Il lui appliqua alors la purée de pois sur les gencives et lui referma les mâchoires. Il prit ensuite le trombone à coulisse, le colla à l'oreille de l'Ogre et souffla de toutes ses forces. Puis il lui dit: "Et maintenant, très cher ami, il va falloir dormir trois jours et deux nuits."
Lorsqu'au bout de tout ce temps l'Ogre de Barbarie se réveilla, il sentit dans sa bouche des dents toutes neuves, bien aiguisées, comme il le faut pour la chaire fraîche et ferme des petits. Fou de joie, il décida d'organiser un banquet en l'honneur de son ami le Grand Oracle et convia dans sa tanière toute la fine fleur des croque-mitaines.
Il confectionna pour l'occasion un ragoût de mouton et ouvrit ses plus belles bouteilles. Lorsque tout le monde fut assemblé autour de la table, il leva son verre en souriant de ses dents toutes neuves et lança à la cantonade: "Devant un vin riche, j'assemble joyeusement mes amis. Buvez, buvez mes frères à la santé de ce divin Oracle et de mes nouvelles dents: demain je croquerai de petits enfants."
Le Grand Oracle but son vin du bout des lèvres, prit un peu de ragoût et attendit patiemment que tout le monde fût bien saoul. Quand enfin retentirent les premières chansons, il s'échappa sans un bruit par la porte de la tanière et s'en alla le plus loin qu'il put du pays des mauvais rêves.
Le lendemain matin, l'Ogre de Barbarie prit son petit déjeuner, tout engourdi encore par les effets du vin. C'est alors qu'il se rendit compte que ses dents étaient en sucre: un joli sucre fin et blanc du plus bel effet... et qui fondait dans son café.

Cette semaine, ma chercheuse de contraintes préférée m'avait concocté ça:
"...La clairière des 10 chemins...
...un trombone à coulisse...
...'devant un flacon de vin riche, j'assemble joyeusement mes amis'..."
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