Le jeu de Madame Alfred 9

Publié le 5 Juillet 2009

ou "Les aventures du Grand Oracle au chevet du monde" , épisode 9

Il était une fois un joli pays de plages et d'archipels qui ne voyait jamais vraiment le soleil. Caché derrière l'équateur, il vivait dans l'ombre de pays aux noms chantants qui attiraient les touristes et croulaient sous la chaleur. Ses habitants, communément appelés les Pâlots, souffraient de vivre sans cesse dans l'ombre et réclamaient leur part de lumière naturelle. Aussi, ils firent appel au Grand oracle.
Le Grand Oracle ne comprenait pas leur problème car il n'aimait pas la chaleur et craignait les longues expositions au soleil. Mais il accepta cependant de leur venir en aide car après tout,  il n'était pas là pour comprendre les gens .
En arrivant au pays des Pâlots, il passa par le cap des blafards pour arriver sur la plage où s'était rassemblé le peuple blême, une belle plage de sable fin et frais au bord d'une mer sombre.
"Que l'on fasse venir près de moi le plus grand homme de ce pays! Qu'on m'apporte aussi une petite cage à oiseau et deux noisettes de vaseline" leur dit le Grand Oracle. Puis il posa ses sandales de corde, souleva un peu sa robe, et fit quelques pas sur la plage pour sentir la caresse du sable sous ses pieds et surtout, entre ses orteils.
Lorsque le Grand Oracle vit le plus grand homme venir à sa rencontre, il lui demanda de le suivre à la frontière du pays. En marchant côte à côte, ils parlèrent un peu pour passer le temps. A vrai dire, ce fut surtout le Grand Oracle qui parla. Il aimait la compagnie de ce grand homme  placide et laid et il lui ouvrit son coeur. Il lui parla de sa difficile condition d'oracle et des espoirs que les gens mettaient en lui; il lui parla de la lassitude qui l'envahissait parfois face au déclin du monde et de sa lourde et profonde solitude. Alors que le ciel s'eclaicissait peu à peu à l'approche de la frontière et qu'ils laissaient derrière eux l'anse des palottes, le Grand Oracle lui dit: "Ha mon cher ami, il est bien triste de n'avoir personne pour pleurer sur son sort; j'aimerais qu'un jour, quelqu'un ait pitié du pauvre Grand Oracle, qu'il me plaigne et qu'il pleure. Mais je suis si solitaire que seule l'image de mon miroir pleure en même temps que moi... "
Lorsqu'ils arrivèrent tout au bout du pays, il prit la vaseline dans ses paumes et s'en enduisit les deux mains. Il grimpa sur les épaules de l'homme et tendit le bras jusqu'à toucher le soleil qui brillait au dessus des pays voisins. Il y enfonça un ongle comme dans un fruit mûr et en décrocha un bout. Alors, il sauta à terre et mit le petit bout de soleil dans la cage à oiseau.
Ils revinrent tous les deux, bras dessus bras dessous, et on accrocha la cage à un grand arbre. Depuis, au cap des blafards qui n'a pas changé de nom, la mer offre au monde toute une gamme de bleus, de verts, et les Pâlots ont sur la peau de belles couleurs dorées et des tâches de rousseur.

Le Grand Oracle, quant à lui, garde un souvenir ému de cette aventure. Car lorsqu'il prit congé des Pâlots, son compagnon le grand homme lui mit la main sur l'épaule en lui disant: "Adieu, et portez vous bien". Et dans les yeux du grand homme, le Grand Oracle vit briller des larmes.



Au programme de ce 9° épisode, nous avions:

L'anse des Palottes
Une petite cage à oiseaux
Seule l'image de mon miroir pleure en même temps que moi




 

Rédigé par Marie Alster

Publié dans #Le Grand Oracle au chevet du monde

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S
Au plus profond de l'Oarcle, on commence a l'entrevoir;..merveilleux
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M
n°10 in the box !
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R
Superbe et même de mieux en mieux  le soleil mûr j'aime beaucoup.
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M
<br /> C'est de saison... je crois que la chaleur de la semaine passée n'est pas pour rien dans ce numéro 9<br /> <br /> <br />
M
C'est beau ... je les vois ... il est de plus en plus attachant ce grand oracle .Le défi n°10 n'est pas encore sorti de mon cerveau ! (trop chaud : trop ramollo) ... Je pense que ça fleurira demain soir ! 
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