Vassia - le roi (20)

Publié le 18 Septembre 2010

On m'a fait appeler dans le bureau du directeur, le passage obligé pour ceux qui faisaient des conneries. Comme à l'école quoi, rien n'avait changé. Notre directeur, c'est un grand type assez vieux, avec une barbe blanche qui tire sur le jaune et des petites boules de graisse partout autour des yeux.


Il a voulu savoir ce qui m'avait pris, ce qui m'était passé par la tête. Il a dit que j'aurais de la chance si le gars portait pas plainte et que sinon, ça pouvait me coûter cher. J'aurais pu lui dire que j'allais m'excuser, que je ferai en sorte de me calmer et que j'avais sans doute besoin de me reposer. Mais il ne me laissait pas le temps de lui répondre quoi que ce soit. Alors je l'ai écouté sans rien dire. A un moment, il a fait une pause, il s'est reculé dans son fauteuil et il a repris: il a dit que de toutes façons, il voulait pas me revoir avant un moment, qu'il voulait bien passer l'éponge parce que c'était la première fois qu'il entendait parler de moi mais qu'il voulait que je vois un médecin tout de suite et que je prenne du repos. Dans ma tête, je voyais les types des séries américaines, quand ils doivent rendre leur arme et leur insigne. Et puis il s'est levé et en m'accompagnant à la porte il m'a demandé: « vous ne pourriez pas aller passer quelques jours dans de la famille? Ou chez des amis? » J'ai pensé à mon arbre généalogique, chétif et bancal, et j'ai pensé à Sam et à ses gamins, qui avaient pas besoin de moi dans leurs pattes. J'ai dit: «non, je suis tout seul. »


Quand je suis ressorti, Sarah attendait dans le couloir; elle m'a demandé: « alors? ». J'ai dit: « ben, rien; je serai pas là pendant quelques temps. » Qu'est-ce que j'aurais pu dire d'autre?

 

 


Rédigé par Marie Alster

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