Vassia - le roi (14)

Publié le 13 Août 2010

 

On ne devinait que les premières marches et on a dû aller chercher une lampe torche pour pouvoir descendre. Sam a pris les choses en main, il est passé devant et il m’a dit : « reste derrière moi » comme il l’aurait fait avec ses gamins. On a descendu les marches une par une, en prenant notre temps. Les marches grinçaient et pliaient un peu sous notre poids. Avaient-elles plié aussi quand ma mère les avait descendues ?

Quand on a été tout en bas, Sam a balayé les murs avec la torche. On respirait par petites inspirations, comme des spéléos coincés dans une grotte et qui économiseraient l’air pour se maintenir en vie. Je pensais à ma mère. Elle aussi avait pris une lampe, sans doute une de ces lampes à pétrole assez courantes à cette époque là, celles qu’on appelait lampe tempête. Elle avait du suivre la même logique que nous : trouver d’abord la trappe, par hasard, en s’amusant dans la grange ; ou bien en balayant le sol ; seule avec son père, elle avait sans doute fait pas mal de tâches ménagères, même enfant. Ensuite, elle l’avait ouverte, découvert les marches de bois et le trou noir où elles s’enfonçaient.

Ça ne sentait rien. Pas une odeur. Ni de renfermé ni de salpêtre. D’ailleurs, les murs avaient l’air sain. Je suivais le chemin de la lumière, Sam tournait sur lui-même en balayant les murs. Puis il a baissé le faisceau de la torche sur le sol et il a recommencé à inspecter méthodiquement chaque mètre carré de terre battue. Avait-elle fait pareil ?

Je ne sais pas à quel moment elle l’avait vu ni à quel endroit de la cave elle l’avait trouvé. Mais une chose est sûre : ma mère tomba dans cette cave sur un cadavre oublié, un squelette jaunâtre encore tout habillé. Je le vois comme elle le vit : de longues mèches de cheveux flottent sur son crâne comme une perruque trop grande. Ses chaussettes tombent en accordéon sur ses chaussures et on aperçoit l’os en dessous du pantalon. Il est assis contre le mur, ses mains sont posées de chaque côté de son corps, bien à plat sur le sol. Il tourne la tête un peu sur la droite, mais à peine ; il fouille le fond de la cave de ses orbites aveugles et ses mâchoires  sont ouvertes, de sorte qu’il semble lancer dans le noir un grand éclat de rire. Ou bien un hurlement.

 

 

Rédigé par Marie Alster

Publié dans #Vassia - le roi

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S
<br /> <br /> j'en étais sûre que j'avais du retard. j'ai trop flané mais ce fut délicieux<br /> <br /> <br /> <br />
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R
<br /> <br /> Il a peut-être attendu que la voie soit libre.<br /> <br /> <br /> <br />
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C
<br /> <br /> Mais qu'à bien pu raconter ce fichu Penac à nos deux compères ? On nage en plein brouillard, là... Rose subodore une histoire d'amant... Pourquoi pas ? Mais alors, on l'aurait trucidé ????? Qui a<br /> fait le coup ???? Oh, la la, Marie, la suite ! La suite ! Bonne semaine à toi, bises et à bien vite...<br /> <br /> <br /> <br />
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R
<br /> <br /> Nom de dieu. La grand-mère avait donc un amant.<br /> <br /> <br /> <br />
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