Je n'aurais jamais pensé vous parler de Dalida
Publié le 4 Juillet 2010
L'appareil photo a rendu l'âme; enfin, il reviendra peut-être à la vie mais la réanimation sera sans doute un peu compliquée. En attendant, je prends mon portable pour saisir des petites choses...
La fleur de courgette, au petit matin, seul moment où je la vois ouverte.
De jolies fleurs roses qui viennent d'on ne sait où au milieu des mauvaises herbes.
Les bébés courgette. (C'est bête mais c'est un peu émouvant les tout petits légumes qui arrivent)
Les bébés tomates cerises, vertes sur les feuilles vertes, on ne les avait pas vues venir...
Les mini grappes de raisin sur la façade.
Les roses de la façade arrière, seul rosier ou presque qui trouve grâce à mes yeux. Figurez vous que j'ai mis plus de 6 mois à passer dans la ruelle pour voir ma maison de derrière; c'est n'importe quoi, j'en ai bien conscience. Parfois, je suis comme ça, et je ne suis pas la seule ici d'ailleurs. Par exemple, on a gardé pendant des années des cadres magnétiques sur la porte du frigo avec des photos d'inconnus à l'intérieur; c'était les photos qui s'y trouvaient quand on les avaient achetés et qu'on se jurait chaque jour de remplacer par des photos des enfants.....
A part ça, j'ai vu l'expo sur les vestiaires de diva à Moulins vendredi. J'aurais du m'extasier sur les superbes broderies, les drapés extraordinaires, les bijoux extravagants. Mais dès la première salle, j'ai été émue. Les mannequins du Centre National du Costume de Scène recréent la morphologie de la personne qui portait le costume et donc, c'est la silhouette de Sarah Bernardt ou de La Callas qui émerge des vitrines sombres. Et encore, le pire restait à venir: une salle consacrée aux robes portées par Dalida. Les robes défilent derrière une vitrine et restent une à une exposée pendant qu'un écran géant projette une vidéo où l'on peut voir la robe portée par la chanteuse. Je ne sais pas si c'est les décors scintillants des années 80, l'accompagnateur en costume assis au piano à queue, ou le fait de savoir que malgré les strass, les jolies robes et les brushings dans les longs cheveux, Dalida avait quand même préféré se foutre en l'air, mais cette salle a fini de me mettre le moral à plat. Ou bien est-ce parce que c'était un sanctuaire?
En tout cas, cela m'a ramenée quelques années en arrière, quand j'étais prof d'allemand et que je donnais des cours particuliers au fils d'une collègue. C'était un garçon complètement à part, qui à 16 ans avait le phrasé de Malraux et des connaissances inouïes dans la culture classique; autant vous dire qu'il était en total décalage avec ses camarades qui passaient leur temps libre à jouer à Lara Croft et à regarder le loft 1. Mais ce garçon avait une faiblesse, un talon d'Achille qui le faisait tomber dans les frasques de la sensualité: c'était Dalida. Et il ne se passait pas un cours sans qu'au grand dam de sa mère il ne me fasse écouter "J'aimerais mourrir sur scène", chantant lui-même, les yeux fermés... Allez, en hommage à ce garçon dont je me demande bien ce qu'il a pu devenir, musique !
/image%2F0957387%2F20140323%2Fob_207f25_marie-trombi.jpg)