Le jeu de Madame Alfred 14

Publié le 18 Août 2009

ou Les aventures du Grand Oracle au chevet du monde, épisode 14 

 

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Il était une fois un pays de pics et de montagnes où il faisait bon vivre pour qui sait s'adapter aux contraintes des hautes altitudes. Son point culminant était un sommet plat  sur lequel s'élevait un village et près du village, une forêt. On nommait cet endroit escarpé les Hauts Plateaux d'Uyack et on les disait si élevés qu'ils étaient de toute la Terre le point le plus proche de la lune. Il n'y avait ni route ni sentier pour atteindre le sommet de la montagne, car nul n'eut jamais le courage d'en tracer un. Mais c'était sans importance puisque les habitants des Hauts Plateaux d'Uyack savaient tous voler et grimpaient au sommet par la voie aérienne. Au cours du temps, leur organisme s'était adapté aux contraintes locales et il leur était venu des ailes à l'intérieur des oreilles. Lorsqu'ils devaient descendre de leurs plateaux ou bien y monter, ils se bouchaient le nez d'une main et soufflaient, soufflaient, jusqu'à ce que leurs ailes se déplient. Alors, d'un pied, ils frappaient doucement le sol et s'élevaient dans les airs. Il était toujours très joli de les regarder voler, surtout au couché du soleil, quand le ciel se teintait de rose et d'orange... Mais il est rare que tout aille pour le mieux, même dans le meilleur des mondes. Et ce pays n'échappait pas à la règle. Il y avait un petit garçon qui était né avec une malformation congénitale qui voulait que ses ailes ne se dépliaient pas. On avait tout tenté pour réparer ce coup du sort mais au fil des ans, on avait du se faire une raison: le petit ne volerait jamais. C'est donc dans les bras de ses parents que l'enfant regagnait sa maison ou descendait dans la vallée. Et cela dura longtemps ainsi. Jusqu'à ce que l'enfant soit un adulte et ses parents des vieillards avec des cheveux blancs et des ailes fripées. Alors, il fallu prendre une décision: on fit appel au Grand Oracle.
Le Grand Oracle arriva d'un bon pas mais un peu essoufflé car il avait peu l'habitude de la marche en montagne. Il se mit au fait de la situation et dit: "Qu'on m'amène un tire-bouchon et des groseilles à maquereaux". Puis il alla au bord du plateau, tout au bord, là où la pointe de ses orteils ne touchait plus la terre, et il ferma les yeux, ouvrit les bras et resta ainsi plusieurs heures. En rouvrant les yeux, il mangea quelques groseilles, en se suçant les doigts car il en avait écrasé une, et se rendit près de celui qui ne pouvait plus voler. Il lui souffla dans l'oreille gauche pour en ôter une toile d'araignée et y enfonça le tire-bouchon; il tourna, tourna, jusqu'à ce qu'il sente que la pointe métallique avait heurté quelque chose et renouvela l'opération du côté droit. Puis il lui dit: "A partir de ce soir, vous dormirez trois nuits à la belle étoile. Durant ces trois jours, vous devrez jeûner". Et pour s'assurer de la réussite de son remède, le Grand Oracle demeura auprès de lui.
Ils passèrent les deux premières nuits côte à côte sous les rayons de la lune qui était pleine mais le troisième soir, le Grand Oracle préféra protéger son visage de ses rayons. Il s'assura que son protégé était bien installé puis il tourna le dos au crépuscule solaire, un coup de lune au coin de l'oeil, et alla dormir à l'hôtel.
Le lendemain matin, il entendit gratter doucement à la fenêtre de sa chambre. La première fois, il pensa que c'était un oiseau, mais lorsqu'il entendit gratter encore quelques minutes plus tard, il se dit qu'un malheur était arrivé et qu'on était venu le prévenir. Il ne prit pas la peine de troquer sa chemise de nuit contre sa robe habituelle et ouvrit la fenêtre à la volée. C'est alors qu'il fut happé à l'extérieur par une main puissante qui l'emportait dans les airs. Celui qui ne savait pas voler avait appris pendant la nuit et ses ailes s'étaient dépliées. Il tenait maintenant le Grand Oracle par la main et l'emmenait avec lui pour visiter le ciel.




Les contraintes d'Alfred (tellement forte qu'elle les publie sans être là... et oui, on est la reine des contraintes ou on ne l'est pas!):

les Hauts-Plateaux d'Uyack
une toile d'araignée

'Crépuscule solaire, un coup de lune au coin de l'oeil'



Et puis, parce que j'ai pensé à ça en imaginant les hommes voler dans le soleil couchant, un bonus spécial pour ceux qui sont nés avant 79. Mais ces hommes là n'avaient pas d'ailes dans les oreilles...




Rédigé par Marie Alster

Publié dans #Le Grand Oracle au chevet du monde

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M
Voilà où ça mène les toiles d'araignée ... et La Rose vient de soulever un truc : le Grand Oracle a visiblement un penchant pour l'alcool ! je me disais aussi ... 15e tir de contraintes dans les tubes ! 
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R
Hey ça remarche, cool.
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R
Ah, les images de Folon, je les avais oubliées, en effet j'ai dû passer à des choses plus brutales en 79  mais ça revient, ça revient...Et quel GO dis donc, il a pris l'air, ça se voit, et toi aussi : le tire-bouchon, on y vient. Efficace, vraiment.(j'ai dû te détacher provisoirement de mon poteau car mon hébergeur actuellement ne veut plus de ton lien, sais pas pourquoi mais c'est comme ça, alors je t'ai planquée dans un coin que moi seule connais comme ça on est tranquille.)
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