Janvier
Publié le 31 Janvier 2010
En réponse à "l'à faire du mois" de Mère
Castor et en hommage à ce mois moribond qui fut un véritable concentré d'emmerdements en tous genres, voici une affreuse histoire illustrée par Steve:
Je me souviens d'une histoire
que mon frère me racontait le soir pour m'empêcher de dormir. Elle me revient encore parfois, lorsque j'entends le vent siffler entre les arbres.
C'était l'histoire du bonhomme Janvier, une brute qui hantait la campagne et qu'on appelait parfois le maître des fous. Le bonhomme Janvier avait deux têtes, une de vieillard, une de corbeau, qui portait chacune un cerveau. Si ceux qui avaient un jour croisé Janvier avait pu revenir pour nous raconter, ils nous auraient décrit les grognements qui sortaient de sa gorge et semblaient venir des enfers, les tremblements qui le secouaient et les hésitations de son pas; c'est que ses deux cerveaux ne tombaient jamais d'accord, ni sur ce qu'il convenait de faire, ni sur la direction à prendre. L'un d'eux lui ordonnait de faire le mal, le second lui dictait de faire plus mal encore.
On a dit bien des choses sur le bonhomme Janvier, des choses à vous faire dresser les cheveux sur la tête, des choses que vous préfèreriez ne jamais entendre. Le pire qu'on m'ait raconté, c'est le sort qu'il réserva par un sombre soir d'hiver à une toute jeune fille qu'il croisa sur son chemin. Il lui tendit un bocal de christal rempli de petits papiers pliés et lui demanda d'en choisir un. Elle ne vit jamais ce qui était ecrit dessus et elle ne sut jamais non plus que tous les papiers portaient la même inscription. Car au moment même où il le déplia, sa tête de corbeau déchira la poitrine de la jeune fille et vint délicatement chercher son coeur avec son bec, comme on prendrait dans sa main un oiseau dans une cage. Puis il le mit dans une boîte en fer blanc et l'emporta dans son antre où il tenta d'y trouver le mystère de la joie, de la peur, de l'amour.
C'était l'histoire du bonhomme Janvier, une brute qui hantait la campagne et qu'on appelait parfois le maître des fous. Le bonhomme Janvier avait deux têtes, une de vieillard, une de corbeau, qui portait chacune un cerveau. Si ceux qui avaient un jour croisé Janvier avait pu revenir pour nous raconter, ils nous auraient décrit les grognements qui sortaient de sa gorge et semblaient venir des enfers, les tremblements qui le secouaient et les hésitations de son pas; c'est que ses deux cerveaux ne tombaient jamais d'accord, ni sur ce qu'il convenait de faire, ni sur la direction à prendre. L'un d'eux lui ordonnait de faire le mal, le second lui dictait de faire plus mal encore.
On a dit bien des choses sur le bonhomme Janvier, des choses à vous faire dresser les cheveux sur la tête, des choses que vous préfèreriez ne jamais entendre. Le pire qu'on m'ait raconté, c'est le sort qu'il réserva par un sombre soir d'hiver à une toute jeune fille qu'il croisa sur son chemin. Il lui tendit un bocal de christal rempli de petits papiers pliés et lui demanda d'en choisir un. Elle ne vit jamais ce qui était ecrit dessus et elle ne sut jamais non plus que tous les papiers portaient la même inscription. Car au moment même où il le déplia, sa tête de corbeau déchira la poitrine de la jeune fille et vint délicatement chercher son coeur avec son bec, comme on prendrait dans sa main un oiseau dans une cage. Puis il le mit dans une boîte en fer blanc et l'emporta dans son antre où il tenta d'y trouver le mystère de la joie, de la peur, de l'amour.
/image%2F0957387%2F20140323%2Fob_207f25_marie-trombi.jpg)
