"ça va aller, hein papa?"

Publié le 29 Août 2008

 
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Il y a l'homme et il y a l'enfant. On ne connait pas leur nom. Tous deux marchent sur la route en direction du sud. C'est le temps d'après l'apocalypse: le soleil est voilé par des nuages de cendres et des hordes de vagabonds hirsutes et cannibales hantent la terre stérile. Un temps d'où les souvenirs sont bannis et où l'espoir est une malédiction.
Il y a la mort, partout: les cadavres rabougris dans les maisons à l'abandon, les restes des suicidés, ceux des sacrifiés et la nature effondrée sous les cendres.

En abordant les premières pages de La route de Cormac McCarthy, je ne pensais pas trouver une ambiance aussi pesante. J'en conviens, c'était idiot: je ne vois pas comment aborder ce thème avec légèreté. Je parcours les pages en ... et je...enfin c'est plutôt que...

A L'AIDE! PITIE! MUSE DE L'ELOQUENCE, VOLE A MON SECOURS! Voilà le problème: cela fait des jours que je veux écrire un article sur l'excellentissime livre qui au gré de mes journées va de mon bureau à mon lit et me suit dans le jardin. Pour être tout à fait honnête, je dois dire que je le lis au compte goutte. Non pas que je veuille le savourer, ce n'est pas mon genre: je ne savoure que la fin des livres, une fois tout le reste dévoré en quelques heures. Non, celui-ci, c'est surtout parce qu'il me fiche la trouille. Et encore la trouille, c'est bien peu dire. Il me terrorise. L'écriture est tellement épurée, tellement juste, que les choses qui sont décrites nous imprègnent et nous hantent. 

L'enfant, inlassablement, cherche à savoir s'ils sont bien des gentils, si "ça va aller" ou bien s'ils vont mourir. Et le père, inlassablement, le rassure. Oui mais moi, qui va me rassurer? Parce que ce soir j'arrive à la page 190. Ils vont bien tous les deux. Ils ont été les témoins de choses épouvantables mais ils ont eu aussi des embellies. Et plus le livre avance, plus ils avancent eux aussi sur la route et plus je redoute le moment où il leur arrivera quelque chose. Parce que je ne suis pas naïve: il y a peu de chances pour qu'à la fin du livre ils découvrent que la nature se réveille et se serrent l'un contre l'autre avant de rejoindre un groupe de gentils survivants dans une communauté bio. Ouais. Donc il va leur arriver un truc, c'est évident. Va-t-il arriver quelque chose au petit?  Et en même temps, est-ce que vivre est la meilleure chose qui puisse leur arriver?   

Sur le blog de Pierre Assouline, il y a un petit article sur le film qui vient d'être tiré du roman. Parmi les commentaires, un lecteur avoue que les 40 dernières pages l'ont bouleversé. Aïe... Ben justement, j'y arrive, moi, aux 40 dernières... ça va aller, hein???


Rédigé par Marie Alster

Publié dans #Lectures

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M
Les Bienveillantes (que je n'ai pas encore terminé ... je lis beaucoup et vite, mais là, je ne peux aller que piano) ... fascinant, dégueu, encombrant, magnifique ... chaque paragraphe m'interroge sur ... la nature humaine ... me renvoie à moi , au monde dans lequel je vis ... ce qui est terrifiant, c'est que mine de rien, je m'attache au personnage principal (quoi?! à cet infâme nazi ?!) tout autant qu'il me révulse... ça me donne envie d'en savoir plus sur des pans d'histoire que je connais peu finalement (comme tout ce qui s'est passé en Russie au début de la guerre ... les bombardements de Berlin ... le fonctionnement même de la politique de nazis ...) ... Comme c'est écrit au mode "je", il est parfois difficile de se rappeler que ce n'est pas un document, mais un roman... en tous cas, je ne regrette pas ce voyage - que j'ai interrompu un instant, quand même, pour m'alléger l'esprit avec la relecture de Persuasion de Jane Austen ! (Ah ... Jane ...)
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M
<br /> Merci beaucoup pour cet avis! Je dois dire que, connaissant très bien cette période de l'histoire, y compris du côté allemand, je redoute de lire ce livre. J'ai peur que la seule chose qu'il<br /> m'apporte soit une nouvelle démonstration de la noirceur de l'âme humaine. Du jour où j'ai visité un camp de concentration et me suis retrouvée face aux fours et au bloc d'expériences médicales<br /> nazi, je n'ai plus jamais ou très rarement reparlé de tout cela parce que je n'ai plus jamais retrouvé les mots qu'il aurait fallu.<br /> <br /> <br />
F
ça y est, j'ai le souffle coupé aussi et je vais m'arrêter de respirer. Je vais le lire !! Enfin j'ai un peu peur. Tu nous rassures sur la fin?
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M
<br /> <br /> Ah ah, mystère!... Je ne dévoilerai rien (mais prévois les mouchoirs quand même...)<br /> <br /> <br /> <br />
M
ça yest , je VEUX le lire ... je ne connais pas, mais même si ce que tu en dis me (presque) terrorise, j'ai envie de m'y plonger - bon, pas tout de suite, parce que là, pour ma part, je suis en voyage infernal et sans fin dans Les Bienveillantes .<br /> Et quand la photo est apparu, j'ai cru que c'était Rémi Sans Famille ...
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M
<br /> ça me fait très plaisir de t'avoir donné envie de lire ce livre. Je viens juste de le finir (avec beaucoup d'émotion...) et Monamour l'a commencé hier. Je crois qu'il est déjà accro. Et les<br /> Bienveillantes? J'ai lu à peu près tout sur ce livre et finalement rien qui m'ait donné envie. Aors: ton avis?<br /> <br /> <br />