Jeudi 29 octobre 2009
ou encore: Les aventures du Grand Oracle au chevet du Monde, épisode 18, qui est aussi le 1er épisode de la trilogie sur l'enfance du Grand Oracle (une trilogie qui aura un titre quand je serai moins fatiguée et que je ne déménagerai plus dans 3 jours)

Il était une fois, dans un coin de campagne retiré du monde, un petit garçon qui poussait à l'ombre de sa mère et des feuilles des chênes. Il était frêle et maigre comme les roseaux et si grand pour son âge qu'il se cognait souvent aux premières branches des arbres.

Il vivait dans une grande batisse tout près de la forêt, mangée par le lierre et peuplée d'araignées. Du temps où son père arpentait encore les allées du jardin, ç'avait été un château de pierres blanches dans un parc ombragé. Mais son père s'en était allé, et il ne restait plus dans la tête du petit garçon que le souvenir d'une voix grave et d'une montre à gousset.


C'était un curieux garçon qui parlait le hibou et comprenait la pie. Il goûtait à toutes les baies trouvées dans les buissons, tous les bouts de racines déterrées avec ses doigts. Il courrait sur les chemins, combattant à lui seul des nuées d'ennemis; il s'abritait dans les bois des monstres et des esprits et rapportait chez lui des bouquets de ronces, des couronnes d'orties. Il arpentait les champs comme d'autres des avenues, il était le seigneur des flaques d'eau et l'empereur des sangsues. Et avant même que n'arrive le soir, fourbu de tant de batailles et de tant d'aventures, il allait faire une sieste dans le poulailler au fond du jardin, sur un lit douillet de plumes et de crottes séchées.

Mais un jour, il combattit si longtemps l'ennemi du tranchant de son épée, il le repoussa si loin des frontières de son territoire, qu'il se retrouva dans un coin qu'il ne reconnaissait pas; regardant partout autour de lui, scrutant les arbres et les champs, il dut admettre qu'il était perdu. "Qu'à cela ne tienne, se dit-il, partons à la découverte de ce nouvel endroit!" Et hop! Le voilà parti en trottant le long des bois. Il ne fut pas déçu: le coin était joli. Bien plus même: c'était un paradis. Il passa donc un  long moment à en faire le tour, le nez souvent en l'air, le soleil dans l'oeil. Et tout d'un coup: platch! Le voici le pied coincé dans un trou. Un filet d'eau glacé autour de la cheville, la vase comme un manteau de fourrure et de soie, schouinch. Il eu beau tirer sur sa jambe, tenter de prendre appui sur une pierre pour tirer encore et encore, rien à faire: son pied restait prisonnier de la boue. Alors il prit une profonde inspiration, ferma les yeux et d'un coup, tira du plus fort qu'il put. Son pied se dégagea et sa chaussette aussi,  mais sa chaussure resta coincée dans la vase. Il réfléchit: rentrer à la maison chaussé d'un seul côté, ce n'était pas recommandé. S'il racontait qu'un monstre la lui avait mangée, est-ce que sa mère le croirait? Rien à faire: la seule solution était de dégager le soulier de la boue où il était prisonnier. Il se coucha au bord du trou, saisi le haut de sa chaussure  et tira
des deux mains. Il lui fallut un bon moment pour la sortir et quand enfin il la dégagea, elle était plus crottée que le croupion d'un canard. Mais le temps de la nettoyer dans l'herbe, le soleil était tombé si bas qu'il effleurait à peine au dessus de la forêt.

Le petit garçon évalua la situation: il était perdu et il allait faire nuit. Encore quelques minutes, une heure tout au plus, et les arbres dessineraient dans le noir des ombres mouvantes. Encore peu de temps et le soir se pleuplerait de bruits, de chuchotements. Alors, pour la première fois, il eut peur. Il eut beau se répéter que les rois n'ont pas peur, que les princes ne craignent rien, il tremblait de tout son corps et de toutes ses dents. Il marcha d'abord lentement, puis un peu plus vite, et finalement, il se mit à courrir. Il courrait droit devant lui, essayant de deviner les pierres et d'éviter les ornières; mais la nuit était si sombre que vlam! le voilà par terre, étalé de tout son long, couché sur le chemin...

Il resta ainsi quelques minutes, retenant son souffle, la joue collée au sol. Son coeur battait si fort qu'il l'entendait sourdre dans sa tête. Puis, son coeur cogna moins fort, son souffle ralentit et il retrouva son calme. Là, alors qu'il s'apprêtait à se relever pour continuer son chemin, il l'entendit: c'était un son lointain qui venait du chemin, comme une voix étouffée sous des mètres de sable. Et la voix disait des choses,  elle lui parlait, à lui, le petit garçon perdu au fond de la nuit. Alors il écouta la voix de la Terre lui montrer son chemin. Il ne fut pas surpris que la Terre lui parlât, pas plus qu'il ne s'étonna de comprendre sa voix .

Et ce ne fut là que la toute première fois, le premier message que  la Terre lui dicta.




Pour cette fois, le fil à suivre était le suivant:
Le poulailler au fond du jardin
Une montre à gousset
'Un filet d'eau glacée autour de la cheville, la vase comme un manteau de fourrure et de soie, schpouinch.'



 
Par Marie Alster - Publié dans : Le Grand Oracle au chevet du monde - Communauté : L'écriture dans tous ses états
Ecrire un commentaire - Voir les 4 commentaires - Recommander
Dimanche 18 octobre 2009


Jésus, trouvé aux Mains Ouvertes, comme les caissons de bureau issus du "surplus" Michelin et l'album de photos 1900 qui ira comme un gant à Juan Olaf (on ne l'oublie pas non plus celui là mais c'est pas facile de faire de la place à tout le monde en ce moment!). Il ira sur les murs du bureau, au milieu des photos de famille, croquis des Machines de l'île et des dessins d'enfants. Je ne suis pas très claire dans ma relation à la religion; ni vraiment croyante, ni laïcarde, j'envie un peu la foi des autres et je me range dans les agnostiques positives (j'ai entendu ça un jour sur France Inter). Et puis, ce Jésus là, c'est un peu le nôtre. En vacances au Portugal il y a 5 ans, il y en avait un identique au dessus de notre lit.

La 18° aventure du Grand Oracle devrait arriver bientôt. Ce sera l'enfance du Grand Oracle, une histoire en 3 épisodes... tintintin....




Par Marie Alster - Publié dans : Humeurs - Communauté : Sur l'étagère de mon mur
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires - Recommander
Lundi 12 octobre 2009


Trouvé aujourd'hui sur mon iGoogle. Très sympa...
Premièrement, on ne dit pas "ta date de ta mort", ce qui prouve que ces gens sont de vrais imbéciles. Et de toutes façons, je ne crois pas au destin.
N'empêche: ce truc ferait un excellent début de roman, non? D'abord, le personnage  trouve ce message sur son écran d'ordinateur. Et puis le lendemain. Et les jours d'après aussi. Il se renseigne: personne ne connait ce truc là. Alors bien sûr, il va cliquer. Et là, c'est le début de la fin, croyez moi. Une plongée au coeur du Mal, un aller simple pour la Mort. Un truc à rester 1 an en tête des ventes.

Non sans rire, ça fiche quand même un tout p'tit peu la trouille cette histoire...





Par Marie Alster - Publié dans : Aujourd'hui - Communauté : Sur l'étagère de mon mur
Ecrire un commentaire - Voir les 4 commentaires - Recommander
Samedi 3 octobre 2009


Ce matin, nous sommes allés nous acheter de jolis coussins pour continuer la métamorphose de notre salon qui en quelques semaines, est passé des rouges sombres aux bleus. Petit intermède sympathique et pas trop coûteux avant de continuer le tri, le nettoyage, et le remplissage de cartons. 

J'ai eu entre autres le bonheur et la joie de récurer la gazinière avant de lui trouver preneur sur e-bay ou Le bon coin. Et comme parfois dans ces cas là, j'ai été assaillie de pensées comme "si j'avais su, je l'aurais fait plus souvent" ou "ah tiens, on avait une broche, on aurait pu faire rôtir un poulet le dimanche"... des mensonges certes mais "qui ne mangent pas de pain"*



J'ai fait un carton de tous les trésors que je garde sur mon bureau: une boîte avec les mots de Monamour dedans, une autre avec des dessins des enfants, des vieilles photos, des tickets d'entrée quelque part, des carnets, des bidules auxquels j'attache beaucoup d'importance, toute un carton de merveilles que j'ai regardé disparaître à l'intérieur, parfois enrubannées de bulles et de journal.



A part ça, Eric Boury vient de publier un post qui me met du baume au coeur. Et à lire ses phrases toutes en retenue et en mélancholie, je me suis dis qu'Arnaldur avait fini par déteintdre sur son traducteur.
 

*
spéciale dédicace à celui qui prétend que j'utilise trop d'expressions vieillottes  ringardes


Par Marie Alster - Publié dans : Aujourd'hui - Communauté : Sur l'étagère de mon mur
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires - Recommander
Jeudi 1 octobre 2009

Je voulais vous parler de ce livre, que j'ai terminé il y a quelques jours. Ce n'est pas un de ces livres qui vous happent dès les premières pages, pas un de ceux non plus dont vous relisez des phrases. On met longtemps à y entrer, on s'y attache peu d'abord, on se demande où on va.
Je m'y suis accrochée car j'avais envie que ce livre me plaise, je sentais qu'il avait quelque chose à me dire. Mais ne comptez pas sur moi pour vous en parler en détail ou pour vous raconter l'histoire.  Ou alors il faut que j'aille chercher mon mouchoir.
Il faut le lire, c'est tout.





Par Marie Alster - Publié dans : Lectures - Communauté : Sur l'étagère de mon mur
Ecrire un commentaire - Voir les 3 commentaires - Recommander
Mardi 29 septembre 2009

***  En bref  ***  En bref  ***  En bref  ***

Une rumeur nous arrive aujourd'hui du Monde des jouets où deux poupées prétendent avoir reçu l'aide précieuse du Grand Oracle.
La première, une brunette en plastique, aurait fait appel au vieux sage car victime d'un usage peu scrupuleux, les traits de son visage commençaient à s'effacer; la seconde, petite blonde en chiffons, souffrait de l'oppulence de sa poitrine qui faisait systématiquement craqué les coutures de ses soutien-gorges. Nous ne doutons pas que ces problèmes aient pu leur sembler insurmontables mais il parait peu probable que celui que l'on connait surtout  pour ses exploits auprès des oubliés de la Terre ait consenti à leur venir en aide. A moins qu'il ne soit laissé attendrir par des arguments qu'on ne lui oppose guère d'habitude? Ce soir, en l'absence de démenti du principal intéressé, le mystère reste entier.




C'était le devoir sur table pour Rose Chiffon... 



Par Marie Alster - Publié dans : Le Grand Oracle au chevet du monde - Communauté : L'écriture dans tous ses états
Ecrire un commentaire - Voir les 3 commentaires - Recommander
Jeudi 24 septembre 2009
ou Les aventures du Grand Oracle au chevet du monde, épisode 17

Il était une fois, sur une île au milieu d'autres îles, un oiseau immense au bec de pierre  et aux orbites vides qu'on appelait le Troglodyte. Il était le dernier survivant d'une espèce heureusement disparue qui avait semé la terreur en  fixant ses proies de ses yeux absents et en les broyant d'un  seul coup de bec. Aussi, lorsque les Troglodytes commencèrent à mourrir de vieillesse, il ne s'était trouvé personne pour en combattre l'extinction. Pourtant,  alors qu'on les croyait disparus, il en restait un, encore jeune et plein de forces. Il nichait dans un arbre creux en haut du Mont Tamiflu et se nourrissait de bêtes égarées ou des carcasses rejetées par la mer. Mais lorsqu'un jour la foudre fendit en deux l'arbre creux, embrasant le nid du Troglodyte, il partit loin de son île, plus près des villes, plus près des gens.
Personne ne remarqua son arrivée au dessus de la ville: les claquements de son bec de pierre passèrent pour les grondements du tonnerre et son ombre sur les toits pour un nuage de pluie. Et nul ne pressentit le drame qui couvait.
Voici ce qui arriva: une mère vivait seule avec ses enfants et leur consacrait et ses jours et ses nuits. Jusqu'à ce qu'elle croise un  gaillard sur son chemin qui lui promit la lune, les monts et les merveilles. Alors la mère est partie en voyage, les travaux d'aiguilles sont restés inachevés. La vaisselle est restée sur le bord de l'évier et les bambins
confiés aux bons soins de l'aîné.


Lorsque la mère revint de voyage, seule et fatiguée, elle trouva la maison vide, le balcon dévasté. Elle chercha et appela mais la maison ne lui renvoya que l'écho de sa voix. Alors elle fit appel à la police qui vint mener l'enquête. Sur le balcon, les agents regardèrent les dégâts infligés au mur de pierre et à la rambarde en acier; ils prirent des photos, firent des moulages et envoyèrent le tout pour analyse. Une fois les résultats connus, la police fut catégorique: les enfants avaient été dévorés par un Troglodyte. Oui, certes, on croyait l'oiseau disparu. Mais les analyses ne mentent pas, c'est impossible, ce serait du jamais vu. Il ne lui restait plus qu'à faire une croix sur ses petits, faire son deuil et puis basta. D'ailleurs, pour les histoires de Troglodytes, il valait mieux voir du côté du Grand Oracle.


Lorsqu'il sut qu'il allait devoir en découdre avec l'oiseau aux orbites vides, le Grand oracle se sentit vieux et fatigué et il eut envie de ne pas être celui qu'il était, d'être un quidam au milieu des autres, un pauvre hère qui se débat sans espoir avec le sens de sa vie.  Oui mais voilà: il était le Grand Oracle. Et un adversaire comme le Troglodyte, quand on est Grand Oracle, ça ne se méprise pas. Alors il alla chercher son ami le Rougier et lui demanda de l'accompagner. Le Rougier ne se laissa pas facilement entraîner; il y eut discussion, il exigea des compensations pour les risques encourus. Fifty fifty sur les retombées médiatiques de l'opération,  ce fut son dernier mot.


Lorsqu'ils arrivèrent en ville, le Grand Oracle dépassant le Rougier de trois têtes, le Rougier traînant la jambe et balançant ses grosses mains rouges en marchant, ils n'avaient guère l'apparence des héros qu'ils étaient. On leur fit pourtant un très bel accueil, avec applaudissements et petits drapeaux.

Le Grand Oracle prit la parole en premier; se tournant vers la mère, il lui dit: "Qu'on m'apporte une pêche très mûre et deux bouteilles en plastique rouge."  Puis ce fut au tour du Rougier de s'exprimer: "Et pour moi, ce sera une belle dinde bien ferme.  Occie et plumée s'il vous plait."

Lorsque la mère revint les bras chargés de tout ce qu'ils avaient demandé, le Grand Oracle pela la pêche, la coupa en deux et en offrit la moitié au Rougier. Il mangea ensuite l'autre moitié à toute vitesse, le jus coulant sur sa barbe. Puis il s'essuya les mains sur sa robe et entreprit de se confectionner des lunettes épaisses avec le cul des deux bouteilles.

De son côté, le Rougier contemplait sa dinde. Il la soupesait, la tenait à hauteur d'yeux pour en tester l'aérodynamisme. Il lui brisa les 2 pattes puis la soupesa de nouveau, la tint encore une fois devant son visage comme un avion en papier. Très satisfait, il la mit sous son bras et fit signe au Grand Oracle qu'ils pouvaient s'en aller.


A la nuit tombée, la foule les regarda partir à travers la ville. Le Grand Oracle  ouvrait la marche et jouait son rôle d'éclaireur avec un grand sérieux. Derrière lui, le Rougier tenait sa dinde par les hanches et soufflait dans son bec. A la fois rauque et puissant, le son qui s'échappait du derrière de la dinde faisait une étrange mélodie qui montait dans les rues, allait jusqu'au ciel par dessus les toits, passait les portes de la ville et courait dans la vallée. Alors il y eut un moment où la mélodie atteint celui qui de ses orbites vides scrutait la nuit et attendait. Il se redressa, fit claquer son bec de pierre dans le vent et se tint prêt.


La bataille dura longtemps. Le Grand Oracle en sortit hagard et échevelé et le Rougier y perdit un oeil. Un oeil sacrifié au combat contre le plus terrible des oiseaux de proie. Lorsque dans la brume du petit matin ils repassèrent les portes de la ville, les gens les crurent sortis du dernier cercle de l'enfer.  Puis, en les regardant s'approcher et émerger lentement du brouillard, ils virent que le Rougier portait sur son dos un enfant endormi. Les deux autres s'accrochaient de leurs petites mains sales à la barbe du Grand Oracle.


 

 

 

C'était une histoire en réponse à ces contraintes:

   le nid du troglodyte / une pêche très mûre / La mère est partie en voyage, les travaux d'aiguilles sont restés inachevés


Par Marie Alster - Publié dans : Le Grand Oracle au chevet du monde - Communauté : L'écriture dans tous ses états
Ecrire un commentaire - Voir les 3 commentaires - Recommander

Profil

  • : Marie Alster
  • mariealster
  • : Auvergne

Allez y vite vite vite

Visitez l'univers fabuleux du Comte Juan Olaf Van Der Bilout, explorateur hors du commun...

Gladys Krett

compteur pour blog

Créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus